Ce fut d’abord le capitaine. Toute l’attention de cet officier se concentrait sur les boutons des vestes: étaient-ils brillants, son visage rayonnait de satisfaction; il fronçait au contraire le sourcil lorsqu’ils lui paraissaient ternes.

Arrivé devant Gédéon:

—Vous êtes déjà sale! lui dit-il.

Gédéon rougit.

—Il faudra m’astiquer ces boutons, continua le capitaine; une autre fois, je vous punirais.

Il revint alors au hussard qui précédait Gédéon.

—A la bonne heure! fit-il d’un ton évidemment satisfait, voilà un propre soldat: prenez exemple sur lui.

Gédéon regarda son voisin: les boutons de la veste de ce militaire modèle étincelaient en effet; par malheur, ses mains, son cou et ses oreilles révélaient une déplorable incurie.—Oui-da, se dit Gédéon, le mot propreté aurait-il au régiment une autre signification que dans la vie civile?

Le lieutenant qui suivait le capitaine négligeait complétement les boutons. Se souciant peu des détails du costume, il ne s’inquiétait que des musettes, il les ouvrait toutes, afin de s’assurer que les instruments du pansage y étaient au complet. Il examinait aussi les bouchons de paille que les hommes tenaient sous le bras, réprimandant ou punissant lorsqu’ils lui paraissaient mal faits.

Enfin venait le maréchal des logis. C’était un vieux troupier à la barbe revêche nuancée de fils d’argent.