Le brigadier commença par placer son élève dans la position convenable pour l’exercice du sabre—à pied.
Le cavalier doit avoir les jambes écartées d’un mètre environ, la main gauche fermée, le pouce sur les autres doigts, et placée à hauteur de la ceinture—comme s’il tenait la bride du cheval—il est en garde.
Gédéon posé, le brigadier commença à démontrer et à commander les mouvements.
—A droite moulinez, à gauche moulinez;—contre l’infanterie, à droite, sabrez;—contre l’infanterie, à gauche, sabrez;—contre l’infanterie, pointez;—contre l’infanterie....
—Il paraît, pensa Gédéon, que les cavaliers en veulent diablement aux fantassins.
Comme, après beaucoup de leçons, il lui sembla qu’il faisait aussi bien l’exercice que son professeur, il demanda à passer à l’école de peloton.
Mais on lui répondit qu’il ne suffit pas de faire très-bien l’exercice, qu’il faut encore arriver à le faire machinalement, c’est-à-dire presque sans qu’il soit besoin de l’action de la volonté.
C’est ainsi seulement qu’on arrive à cette admirable précision, à cet ensemble merveilleux dont le bataillon de Saint-Cyr est le plus parfait modèle.
—Ainsi soit-il! se dit Gédéon en reprenant son fusil, Je suis une machine et on me monte.