Gédéon mourait d’envie de se disculper, il fut assez maître de lui pour se taire. Il paraît, pensa-t-il, que je suis dans mon tort, j’aurai soin de ne pas recommencer; mais mes camarades sont bien peu charitables de ne pas m’avoir prévenu.

Par cette simple raison qu’un bon averti en vaut deux, Gédéon, pour se rendre à l’exercice, ne trouva rien de mieux que de revêtir son dolman.

—Qu’est-ce que cet homme en grande tenue? cria le capitaine instructeur du plus loin qu’il l’aperçut; il sera deux jours à la salle de police.

—Mon capitaine... commença Gédéon.

—Voulez-vous deux jours de plus?

Le malheureux se tut.—Je dois avoir tort, se dit-il; on ne m’y reprendra plus.

Au pansage de l’après-midi, en effet, Gédéon vint se placer sur les rangs en manche de chemise.

—Deux jours de salle de police à cet imbécile, dit l’adjudant, qui le remarqua.

Et comme Gédéon ne bougeait pas:

—Mais allez-vous-en donc, ajouta l’adjudant; rendez-vous à l’écurie.