Mais revenons à Gédéon, et à sa première punition, reçue dans des circonstances que lui-même qualifiait d’étranges.

Un jour, comme il était sur les rangs pour l’appel qui précède le pansage du matin, le lieutenant de semaine s’arrêta devant lui.

—Votre veste, lui dit-il, est décousue au bras,—les officiers doivent entrer dans les moindres détails;—il faut la donner en réparation.

Le brigadier de semaine, comme la chose se pratique en pareille circonstance, prit la veste pour la porter au tailleur.

Après le pansage, Gédéon, qui était désigné pour une corvée, trouva tout simple d’endosser la veste d’un de ses camarades. Il alla ainsi se placer sur les rangs.

—Qu’est-ce que cela? lui dit l’officier de semaine, vous n’avez donc pas donné votre veste en réparation?

—Pardonnez-moi, mon lieutenant, mais...

—D’où vient celle-ci, alors?

—Mon lieutenant, je l’ai empruntée à un homme de mon peloton.

—Vous ferez deux jours de salle de police, pour vous apprendre à porter les effets des autres.