Il ne devait pas tarder à s’apercevoir qu’il était encore un des plus malades.
—Auriez-vous une brosse un peu dure? lui demanda le soir même son plus proche voisin.
—Certes! en voici une.
—Ah! merci mille fois! j’en avais, voyez-vous, le plus grand besoin.
—Quoi! à cette heure, pensait Gédéon; que prétend-il donc faire?
Mais déjà ce malade se livrait à une occupation vraiment singulière. Il avait pris la brosse, et, avec une persévérance acharnée, s’en frappait la jambe à petits coups répétés, un peu au-dessous du genou. Cette place rougissait et enflait à vue d’œil.
—Quelle diable de folie vous prend donc? dit Gédéon.
L’autre le regarda d’un air comiquement surpris.
—Quoi! vous ne voyez pas que je renouvelle mon coup de pied de cheval!
Il avait quitté la brosse. Armé d’une cuiller d’étain, il s’en frottait avec non moins d’acharnement. Au bout de cinq minutes de cet exercice: