Longwy pris!... Longwy au pouvoir des Prussiens!...
Allons donc!... Personne n’y voulait croire... Les prophètes de malheur de la veille étaient devenus les plus obstinés sceptiques du lendemain.
Longwy, disait-on, était défendu par des soldats français, donc les Prussiens n’y sont pas...
Ceux-là même qui avaient proclamé le danger de la patrie doutaient... Car en le proclamant, c’est à peine s’ils y croyaient, ou du moins ils le supposaient bien éloigné encore. Ils avaient voulu surtout prendre leurs précautions contre l’improbable. Et pas du tout, ce qui de leur part n’avait été qu’un acte de prévoyance devenait une mesure de salut.
Car à la fin, il fallut bien se rendre à l’évidence.
La nouvelle apportée par un courrier ne tarda pas à être confirmée de dix côtés à la fois.
Les Prussiens étaient bien réellement à Longwy.
Oh! mes amis, j’assistai ce jour-là à un mouvement sublime. Foulé le long du Rhin par le sabot des chevaux barbares, le sol de la patrie tressaillit jusqu’à la Méditerranée.
De même que s’il eût ressenti la secousse d’un tremblement de terre, chaque citoyen s’élança hors de sa maison, ses armes à la main, éperdu de colère et criant:
—Où sont-ils?