Mais les défenseurs de la place ne s’en étonnaient pas. En quelques heures, ils avaient acquis une certaine habileté; les officiers pointaient les pièces et les boulets commençaient à n’être plus perdus...
Voilà où en était le siége quand, un peu avant neuf heures, huit ou dix bombes, tombant presque simultanément dans la place, tuèrent une douzaine d’habitants, hommes et femmes, et mirent le feu à deux maisons et à un magasin à fourrages.
Épouvantés de ces premiers désastres, les habitants s’assemblent tumultueusement, et demandent à grands cris qu’on ouvre les portes aux Prussiens plutôt que de laisser incendier la ville.
Menacés de mort par ces lâches, indignes du nom de Français, les magistrats qui font partie du conseil de défense, prennent peur à leur tour, se réunissent en hâte et se rendent chez le gouverneur pour le sommer de capituler.
Lavergne leur résista d’abord, essayant de prouver qu’ils se trouvaient sous le coup des menaces de la proclamation du duc de Brunswick, puisque en somme, peu ou prou, ils se sont défendus.
Deux d’entre eux ripostent en ricanant qu’ils sauront bien s’arranger avec les Prussiens.
Lavergne, alors, demande à consulter les officiers placés sous ses ordres. Il les envoie quérir aux remparts où ils faisaient leur devoir, et leur expose la situation.
Tous, d’une même voix répondent que se rendre serait une abominable lâcheté.
Persuadés que leur commandant est de leur avis, ils se retirent... Mais lui, revenu près des magistrats, se laisse convaincre, envoie secrètement un parlementaire aux avant-postes ennemis, et signe la capitulation qui livre Longwy au roi de Prusse.
Tout ce qu’on lui avait accordé, c’était que la garnison sortirait avec les honneurs de la guerre le lendemain 23.