Paris fut terrifié... Paris fut saisi du vertige honteux de la peur... Paris vit les Prussiens à ses portes...

Alors, toutes les sinistres prophéties semées par les alarmistes levèrent et portèrent leurs fruits.

Sept ou huit cents personnes s’enfuirent de la capitale dans la journée, emportant ce qu’elles avaient de plus précieux.

Le prix des voitures haussa pour ainsi dire d’heure en heure...

A midi, un de nos voisins paya mille livres en assignats une méchante carriole attelée de deux rosses, qui devait le conduire avec sa famille jusqu’à Orléans.

Le récit de ce qui se passait au conseil des ministres et dans certaines réunions de députés, ne contribuait pas peu à augmenter l’épouvante.

On affirmait que les Girondins—et ce n’était cependant pas des lâches—s’étaient écriés à la nouvelle du désastre:

—Abandonnons Paris aux Prussiens... Portons dans le Midi la statue de la liberté!...

Roland, le ministre de l’intérieur, avait dit, prétendait-on:

—Les nouvelles sont alarmantes, il faut que les ministres et l’Assemblée quittent Paris!...