La première fois que Dumouriez parut à la cour, avec Roland, son collègue du ministère de l’intérieur, la simplicité du costume de ce dernier, qui avait l’air d’un pédant endimanché, son chapeau rond, et les rubans qui nouaient ses souliers firent l’étonnement et le scandale des valets.
Le maître des cérémonies s’approcha de Dumouriez, d’un air inquiet; le sourcil froncé, la voix basse et contrainte montrant Roland, du coin de l’œil:
—Eh! monsieur, point de boucles à ses souliers, point de boucles...
Sur quoi Dumouriez avec un grand sang-froid:
—C’est vrai, monsieur, répondit-il, tout est perdu...
Dumouriez était alors au mieux avec Roland, et ce bon accord persista jusqu’au jour où il déplut à madame Roland, et par contre à tous les députés Girondins...
La cause de la brouille qui amena la dislocation du ministère, vaut la peine d’être contée:
En arrivant au pouvoir, les six ministres étaient convenus de dîner entre eux seuls, les trois jours de conseil de chaque semaine, tour à tour chez l’un d’entre eux.
Là, chacun apportait son portefeuille, on convenait des affaires qu’on présenterait au roi, on les discutait à fond et on se formait une opinion commune.
Cela dura environ un mois, au bout duquel Roland prétendit que chez lui sa femme fût admise.