On n’y était ni Jacobin, ni Girondin, ni Feuillant, on y était soldat. Le général Dillon qui voyait les troupes placées sous ses ordres toujours à la veille de se révolter, n’en revenait pas...
Voilà quels prodigieux résultats avait obtenu Dumouriez, et tout à ses occupations purement militaires, il devait se croire profondément oublié, quand arriva à Paris la nouvelle terrible de l’invasion prussienne...
Je vous ai dit, mes amis, la colère de la France, et le puissant effort qui fit jaillir de notre sol profané des centaines de mille de volontaires...
Mais à ces soldats de la cause la plus sainte, il fallait un général...
Il fallait un chef dont le génie sût tirer parti de tout ce noble sang qui ne demandait qu’à se répandre pour le salut de la patrie...
C’est alors que l’Assemblée nationale, c’est alors que les ministres donnèrent au monde un grand, un sublime exemple de patriotisme.
Leur choix se fixa sur Dumouriez.
Dieu sait s’ils l’aimaient, cependant...
Les ministres revenus au pouvoir étaient précisément les hommes qui en avait été écartés lorsqu’il avait le portefeuille des affaires étrangères.
A l’Assemblée nationale, la droite et la gauche, les Girondins et les Jacobins le haïssaient presque également.