Et Danton, alors ministre de la justice prenant la parole:
«—Dumouriez, ajouta-t-il, aime trop la gloire pour ne pas vouloir vaincre à tout prix.»
Et c’est à l’unanimité qu’on alla chercher Dumouriez au camp de Maulde, dans la petite position où il était tombé, pour lui confier la défense nationale.
On écarta ou on lui subordonna tous les maréchaux, tous les officiers généraux qui pouvaient prétendre à un commandement.
Luckner fut envoyé à Châlons former des recrues.
Dillon et Kellermann reçurent l’ordre d’obéir...
Forces, pouvoir, tout fut concentré dans la main de l’homme dont on attendait tout...
Promptement informé d’ordinaire de toutes les décisions de l’Assemblée nationale, Dumouriez ne sut rien cette fois.
Debout à l’une des extrémités du camp, ayant à ses côtés la plus jeune des demoiselles Fernig, Dumouriez surveillait le travail d’une centaine de soldats occupés à enfoncer des palissades, lorsqu’une voiture vint s’arrêter à dix pas de lui.
C’était un vieux carrosse sonnant la ferraille, traîné par deux rosses efflanquées garnies de harnais d’artillerie.