Trois hommes, revêtus du costume de députés de l’Assemblée nationale, en descendaient, pendant qu’un quatrième, tout jeune encore, en «pékin,» celui-là, les jambes enveloppées de peaux de mouton, restait assis ou plutôt couché sur la banquette du fond.
Ces trois députés étaient Delmas, Dubois-Dubays et Bellegarde.
Le jeune homme qui demeurait dans le carrosse, et à qui la Révolution allait faire un nom tragique, n’était autre que Couthon, lequel se soignait alors aux boues de Saint-Arnaud, non loin du camp de Maulde, d’une paralysie gagnée dans une escapade amoureuse.
Dumouriez les connaissait les uns et les autres, et cependant il ne bougea pas de sa place...
Telle était alors sa situation qu’il dut croire qu’ils étaient envoyés pour le faire arrêter...
Eux, cependant, s’avancèrent, et le plus âgé, Bellegarde, tirant un portefeuille de sa poche, se mit à lire à Dumouriez le décret qui le nommait général en chef...
Bien des années plus tard, la plus jeune des demoiselles Fernig, sollicitant un bureau de tabac, a raconté dans la pétition qu’elle présentait au gouvernement cette scène tout entière.
Dumouriez devint extraordinairement pâle, et, d’une voix étranglée et de l’air égaré d’un homme qui doute du témoignage de ses sens, il répéta par deux fois:
—Général en chef!... général en chef!