—Vive la nation! Vive Dumouriez!... Aux Prussiens! aux Prussiens!...
Dans le fait, il n’était pas un de ces soldats qui ne se sentît flatté au fond de son cœur du choix de l’Assemblée, pas un qui ne fût persuadé qu’il rejaillirait sur lui de la gloire de ce général à qui tous étaient dévoués jusqu’au fanatisme.
Il est vrai que la réflexion ne tarda pas à abattre cette grande joie.
—Maintenant qu’il va commander toutes les armées, pensèrent-ils, notre général va nous quitter!...
C’est pourquoi, dès que les représentants se furent éloignés, toutes les troupes se rassemblèrent autour de la tente de Dumouriez, le conjurant de rester quand même à leur tête...
Comment n’eût-il pas été ému de ces témoignages d’attachement de ces volontaires qu’il avait cependant soumis à la plus rude discipline.
Il leur promit qu’il ne les quitterait pas.
C’était effectivement son premier projet.
Maître absolu, désormais, sans discussion ni contrôle, il ne pouvait pas ne pas reprendre ses plans jusqu’ici contrariés d’une guerre offensive.
Battre Brunswick en France et le rejeter hors de notre territoire, Dumouriez ne le croyait pas possible, mais il était persuadé qu’un grand coup frappé dans les Pays-Bas y appellerait fatalement les Prussiens...