C’est qu’il ne badinait pas, le héros du 10 août, dès que la discipline était en question.
Beaucoup de volontaires, lorsqu’il était arrivé, s’étaient imaginé qu’il accueillerait toutes leurs réclamations... Ils furent vite détrompés.
Il fallait voir de quel air il écoutait la réclamation, et de quel ton il criait aux réclameurs:
—Allons, c’est bon, la patrie ne vous demande pas tout ça... Demi-tour et à vos rangs!...
Ce fut lui, plus encore peut-être que Dumouriez qui refusa de recevoir Laveneur dans son ancien grade.
Celui-là n’était cependant qu’un étourdi que les amitiés avaient égaré.
Admis dans l’intimité de La Fayette, dont il avait été l’aide de camp, il crut devoir le suivre, quand, à la suite du 10 août, il abandonna son armée et s’enfuit à l’étranger.
Mais de la part de Laveneur ce n’était là qu’un coup de tête.
Il ne sentit pas plus tôt sous ses pieds le sol ennemi, que le désespoir le prit, et il rentra en France plus vite qu’il n’en était parti.
Lieutenant-général au moment de son départ, il pensait qu’on serait trop heureux de lui rendre ses épaulettes dans une armée où les officiers supérieurs faisaient encore défaut.