Il devait tenir parole, et son nom est resté attaché à un des plus audacieux exploits de la campagne de 92.
C’était après la bataille de Jemmapes.
Le général Valence, à la suite d’une capitulation, était entré dans Namur; mais six mille soldats ennemis s’étaient retranchés dans le château, et de là prétendaient dicter des conditions à l’armée française.
Le siége du château fut aussitôt ordonné.
Mais il fallait commencer par se rendre maître du fort Vilatte qui en défendait l’accès, et dont l’attaque de vive force était entièrement dangereuse et incertaine, en raison des nombreux fourneaux de mines que les assiégés avaient pratiqué sous les glacis.
C’est alors que Laveneur conçoit le projet de s’en emparer en surprenant la garnison.
A gauche du château se trouvait un chemin de communication d’un accès très difficile, et défendu par des palissades et des parapets. Ce chemin conduisait au fort.
—J’y passerai, dit Laveneur.
A minuit, en effet, guidé par un déserteur, il sort à la tête de douze cents hommes.
On marche en silence, et servi par une obscurité profonde, on arrive aux premiers parapets. Ils ne sont pas gardés ou les sentinelles se sont endormies, on les franchit.