Mais les sentinelles des palissades crient et font feu...

Si dangereuse était la situation que les hommes de Laveneur hésitent. Lui s’élance en avant, mais se trouvant de trop petite taille pour franchir les palissades.

—Jette-moi par-dessus! commande-t-il à un officier très grand et très robuste, qui se trouvait près de lui.

L’officier obéit, puis se précipita après son chef, et quelques grenadiers, entraînés par l’exemple, l’imitent malgré la fusillade la plus meurtrière.

Laveneur, cependant, s’est relevé sans blessures. Il s’élance vers le poste, et apercevant le commandant qui s’efforce de rassembler la garnison, il le saisit au collet d’une main, et de l’autre lui appuie son épée sur la poitrine en lui disant:

—Conduis-moi à tes mines!...

Le commandant, étourdi, hésite.

—Conduis-moi à tes mines, répète Laveneur d’une voix terrible, à l’instant, ou tu es mort!

Et en même temps, il appuie plus fort la pointe de son épée.

Epouvanté, perdant la tête, le commandant se décide à marcher, et Laveneur, sur ses indications, arrache les mèches de sa propre main.