C’était une première faute.

Il n’y avait pas même envoyé Thouvenot, qui l’eût admirablement suppléé.

Il n’y avait point établi de batterie de canons de huit et de douze, encore qu’il en eût en quantité.

En tout et pour tout, il s’en était rapporté à l’expérience d’un subalterne dont il ne savait rien, sinon qu’il passait pour un habile homme de guerre... Comme s’il n’eût pas su ce qu’il faut croire de ces réputations banales que rien jamais n’a justifiées et qui s’emparent, par leur impudence, des places qui devraient être réservées au mérite seul.

Seconde faute, qui faillit faire échouer l’admirable plan qu’il avait conçu et que jusqu’alors il avait si bien conduit.

Donc, le 13 au matin, la Croix-au-Bois fut abandonnée par le colonel et la plus grande partie de ses troupes.

Et par surcroît de malheur, l’officier commandant le parc d’artillerie négligea l’ordre si précis qu’il avait reçu, et n’envoya au bataillon des Ardennes, ni armes, ni munitions...

Avertis par leurs espions, les Prussiens ne tardèrent pas à essayer de profiter des fautes commises, et dès le lendemain, avant midi, ils se présentèrent en forces au défilé de la Croix-au-Bois.

Les abatis avaient été si mal faits qu’ils furent à peine un obstacle... La route avait été si superficiellement coupée qu’en moins de rien elle fut assez réparée pour donner passage à l’artillerie.

Les cent hommes laissés en position essayèrent d’abord de se défendre, puis, reconnaissant l’inutilité de leurs efforts, ils se débandèrent, s’enfuirent à travers bois, et ne tardèrent pas à arriver au camp de Dumouriez.