A la même heure, une autre colonne prussienne s’emparait du passage du Chêne-Populeux.

Ces deux nouvelles arrivant coup sur coup à Dumouriez n’ébranlèrent pas son courage.

Il vit sa position si belle la veille, désespérée... Il se vit cerné, tourné, pris au piége qu’il avait tendu à l’ennemi... N’importe.

Sa résolution était si bien prise de mourir plutôt que de mettre bas les armes, qu’il garda toute sa présence d’esprit et ces apparences de sécurité parfaite indispensables à un général en chef.

Il rassemble ses aides de camp, et, avec cette promptitude de décision qui est le propre des grands capitaines, il leur dicte ses ordres.

Beurnonville quittera Rhétel à l’instant et se hâtera d’accourir à Sainte-Menehould, et où lui-même Dumouriez va se rendre, et où Kellermann opérera sa jonction.

Kellermann doublera les étapes pour arriver plus vite.

Dillon, sans s’inquiéter de sa droite ni de sa gauche, devra tenir comme un roc aux débouchés des Islettes et de la Chalade.

Ces précautions prises, ce nouveau plan arrêté, Dumouriez ne songea plus qu’à tirer le gros de son armée, qu’il commandait en personne, de cette impasse de Grandpré, où d’un moment à l’autre il pouvait être accablé par toutes les forces prussiennes.

Maître encore de tout le cours de l’Aisne, il entrevoyait la possibilité d’y prendre une position formidable pour en défendre le passage.