Il commençait à s’animer, lorsqu’à ce moment de grandes clameurs qui montaient de la rue lui coupèrent la parole.

Nous nous précipitâmes aux fenêtres.

Une bande de jeunes gens passait, portant un drapeau et criant:

—A Berlin!... A Berlin!... A Berlin!...

Prompt comme l’éclair, un des fils Coutanceau s’élança dehors, et, lorsqu’il reparut l’instant d’après, il tenait un journal du soir.

Il était un peu pâle, et ses narines frissonnantes, comme il arrive quand on est secoué par quelque puissante commotion, mais ses yeux brillaient d’un éclat extraordinaire.

—Ils l’ont voulu! s’écria-t-il, la guerre est déclarée... tenez, lisez...

Il disait vrai.

Un grand silence se fit, solennel, comme si chacun de nous eût eu la soudaine vision de ce que représente de grandeurs et de sacrifices, d’héroïsmes et de souffrances ce mot terrible la guerre.

Mais ce fut l’affaire d’un instant.