—Eh bien! commença-t-il, avais-je raison, quand je vous disais que c’était une aristocrate déguisée, que nous venions de tirer des mains des patriotes!...
—Rien ne le prouve.
L’allégation était si audacieuse que Fougeroux en fut d’abord interdit.
—Comment, rien ne le prouve! s’écria-t-il ensuite. Une coquine qui se déguise pour jeter des billets dans la voiture de la reine, qui se moque de l’Assemblée nationale et qui loge aux Tuileries! Et encore je ne vous ai pas tout dit. Dès que madame Véto a eu lu le billet, elle l’a déchiré menu comme balle d’avoine, et après elle a donné un ordre à un officier à cheval, qui est parti au grand galop... Qu’était-ce que ce billet? Encore quelque conspiration contre les patriotes?
—Que m’importe! interrompis-je. Des lâches menaçaient une femme, il était de notre devoir de la défendre.
Si peu clairvoyant que fût Fougeroux, mon emportement l’éclaira.
—Oh!... fit-il du ton d’un homme surpris d’une soudaine découverte. Oh!... c’est vrai qu’elle est diantrement jolie, la ci-devant...
Jamais l’honnête garçon ne m’avait paru si absolument stupide, je l’aurais battu.
—Je te prie, lui dis-je, de me faire grâce de tes réflexions.
C’était la première fois de ma vie que je lui parlais brutalement, il dut être navré.