Soldat du roi, ou plutôt de son colonel, que lui importaient les causes confiées à son courage, en quoi le touchaient-elles?
Il n’avait même pas de drapeau à défendre, car le drapeau, le clocher de la patrie armée, est une idée de la Révolution, et c’est autour d’une bannière portant les armes du propriétaire du régiment que se battait le soldat.
En échange de sa liberté et de son sang, qu’avait-il à attendre? Rien.
L’armée de la monarchie, c’était la noblesse, à qui étaient exclusivement réservés tous les grades, et qui dévorait, à elle seule, plus de la moitié du budget de la guerre.
Le reste ne comptait pas.
Qui était soldat, restait soldat ou sous-officier, sans espoir d’avancement... Et il n’était pas d’application, de courage, de génie même, capables de combler l’abîme qui séparait le sergent de l’officier...
Aussi est-ce dans ces rangs sacrifiés que la Révolution trouva et prit tous les grands généraux qui ont illustré nos armes.
Jourdan, Joubert et Kléber, qui d’abord avaient servi, avaient quitté l’armée comme une impasse, comme une carrière désespérée.
Augereau était sous-officier d’infanterie.
Hoche était sergent aux gardes.