Mais les larmes l’étouffant il ne put continuer. Alors tendant au père Plantat une lettre froissée et mouillée de pleurs, il lui dit:

—Tenez, lisez... c’est sa dernière lettre.

Le père Plantat s’approcha de la table où étaient les bougies, et non sans peine, car l’écriture était effacée en plusieurs endroits, il lut:

«Chers parents aimés,

Pardonnez, pardonnez, je vous en conjure, à votre malheureuse fille la douleur dont elle va vous accabler.

Hélas! j’ai été bien coupable, mais que le châtiment est terrible, ô mon Dieu!

En un jour d’égarement, entraînée par une passion fatale, j’ai tout oublié, l’exemple et les conseils de ma bonne et sainte mère, les devoirs les plus sacrés et votre tendresse.

Je n’ai pas su, non, je n’ai pas su résister à celui qui pleurait à mes genoux en me jurant un amour éternel et qui maintenant m’abandonne.

Maintenant, c’est fini, je suis perdue, déshonorée. Je suis enceinte et il me devient impossible de cacher plus longtemps l’horrible faute.

Ô chers parents, ne me maudissez pas. Je suis votre fille, je ne saurais courber le front sous les mépris, je ne survivrai pas à mon honneur.