—Si je guéris les gens, affirma-t-il, je ne me fais pas payer.

—C’est donc, continua le père Plantat, votre commerce d’herboristerie qui vous enrichit?

Décidément, la conversation tournait à l’interrogatoire, le rebouteux devenait inquiet.

—Je gagne passablement avec les herbes, répondit-il.

—Et comme vous êtes un homme d’ordre et d’économie, vous achetez des terres.

—J’ai encore les bêtes, reprit vivement Robelot, qui me rapportent assez. On vient me chercher de plus de trois lieues. Je soigne les chevaux, les vaches, les brebis.

—Toujours sans diplôme?

Le rebouteux prit un air dédaigneux.

—Ce n’est pas un morceau de parchemin, dit-il, qui fait la science. Je ne crains pas les vétérinaires de l’école, moi. C’est dans les prairies et à l’étable que j’étudie les bestiaux. Sans me vanter, je n’ai pas mon pareil pour l’enfle, non plus que, pour le tournis ou la clavelée.

Le ton du juge de paix devenait de plus en plus bienveillant.