—Je suis toujours aux ordres de mon ancien maître, quand il a besoin de moi.
—Il aura besoin de vous, je vous l’affirme, prononça le père Plantat.
Et d’un ton détaché que démentait le regard de plomb qu’il fit peser sur le rebouteux d’Orcival, il ajouta:
—L’intérêt sera énorme et la tâche difficile. On va, mon brave, exhumer le cadavre de M. Sauvresy.
Robelot était assurément préparé à quelque chose de terrible et il était armé de toute son audace. Cependant, ce nom de Sauvresy tomba sur sa tête comme un coup de massue, et c’est d’une voix étranglée qu’il balbutia:
—Sauvresy!
Le père Plantat, qui ne voulait pas voir, avait déjà détourné la tête et continuait de ce ton qu’on prend en parlant de choses indifférentes, de la pluie et du beau temps.
—Oui, on exhumera Sauvresy. On soupçonne—la justice a toujours des soupçons—qu’il n’est pas mort d’une maladie parfaitement naturelle.
Le rebouteux s’appuyait à la muraille pour ne pas tomber.
—Alors, poursuivit le juge de paix, on s’est adressé au docteur Gendron. Il a, vous le savez, trouvé des réactifs qui décèlent la présence d’un alcaloïde, quel qu’il soit, dans les matières soumises à son analyse. Il m’a parlé de certain papier sensibilisé...