«Autant ici qu’ailleurs!» se dit-il. Déjà il armait son pistolet lorsqu’il s’entendit appeler:
—Hector! Hector!...
D’un bond il fut debout, cachant son arme, cherchant qui criait ainsi son nom. Sur la berge, à cinq pas, un homme courait vers lui, les bras tendus.
C’était un homme de son âge, un peu gros peut-être, mais bien pris, avec une bonne figure épanouie, éclairée par de grands yeux noirs, où éclataient la franchise et la bonté, un de ces hommes sympathiques à première vue, qu’on aime quand on les connaît depuis huit jours.
Hector le reconnut. C’était son plus ancien ami, un camarade de collège; ils avaient été aussi liés que possible autrefois, mais le comte, ne le trouvant pas assez fort pour lui, avait cessé peu à peu de le voir et il l’avait perdu de vue depuis deux ans.
—Sauvresy! fit-il, stupéfait.
—Moi-même, repartit le jeune homme, qui arrivait essoufflé et fort rouge; voici bien deux minutes que je suis tes mouvements, que faisais-tu là?
—Mais... rien, répondit Hector, embarrassé.
—Insensé! reprit Sauvresy, c’est donc vrai ce qu’on m’a dit chez toi, ce matin, car je suis allé chez toi...
—Et que t’a-t-on dit?