—Qu’on ne savait ce que tu étais devenu, que tu avais la veille quitté ta maîtresse en lui déclarant que tu allais te brûler la cervelle. Déjà un journal a annoncé ta mort avec force détails.
Cette nouvelle parut causer au comte de Trémorel une impression terrible.
—Tu vois donc bien, répondit-il d’un ton tragique, qu’il faut que je me tue!
—Pourquoi? pour éviter à ce journal le désagrément d’une rectification?
—On dira que j’ai reculé...
—Très joli! Alors, selon toi, on est forcé de faire une folie par cette raison qu’on a dit qu’on la ferait! C’est absurde. Pourquoi veux-tu te tuer?
Hector réfléchissait, il entrevoyait la possibilité de vivre.
—Je suis ruiné, répondit-il tristement.
—Alors c’est pour cela que... Tiens, mon ami, laisse-moi te le dire, tu es fou! Ruiné!... c’est un malheur, mais quand on a notre âge, on refait sa fortune. Sans compter que tu n’es pas si ruiné que tu le dis, puisque j’ai, moi, cent mille livres de rentes.
—Cent mille livres...