—C’est un gaillard dangereux, dit-il, j’y vais moi-même.
Il sortit, et dix secondes ne s’étaient pas écoulées que sa voix se fit entendre:
—Messieurs, criait-il, messieurs!!!
Le docteur et le juge de paix accoururent.
En travers de la porte du cabinet gisait le corps inanimé du rebouteux. Le misérable s’était suicidé.
XXII
Il avait fallu au rebouteux d’Orcival une présence d’esprit singulière et un rare courage, pour se donner la mort dans ce cabinet obscur, sans éveiller par aucun bruit suspect l’attention des hôtes de la bibliothèque.
Un bout de ficelle, trouvé en tâtant dans l’ombre parmi les vieux livres et les liasses de journaux, avait été l’instrument de son suicide. Il l’avait lié solidement autour de son cou, et se servant d’un morceau de crayon en guise de tourniquet il s’était étranglé.
Il n’offrait rien, d’ailleurs, de cet aspect hideux que la croyance populaire attribue aux individus qui périssent par la strangulation. Il avait la face pâle, les yeux à demi ouverts, la bouche béante et l’air hébété de l’homme qui, sans grandes douleurs, perd peu à peu connaissance, sous l’influence d’une congestion cérébrale.
—Peut-être est-il encore possible de le rappeler à la vie, dit le docteur Gendron?