—Tâchez donc de me procurer une pioche.

Tous les hommes se précipitèrent; il revint près du juge de paix.

—Certainement, murmurait-il, comme en aparté, ces cendres ont été remuées récemment, et si elles ont été remuées...

Il s’était baissé déjà, et, écartant les cendres, il avait mis à nu la pierre du foyer. Prenant alors un mince morceau de bois, il le promena facilement dans les jointures de la pierre.

—Voyez, monsieur le juge de paix, disait-il, pas un atome de ciment, et la pierre est mobile: le magot doit être là.

On lui apporta une pioche, il ne donna qu’un coup. La pierre du foyer bascula, laissant béant un trou assez profond.

—Ah! s’écria-t-il d’un air de triomphe, je savais bien.

Ce trou était plein de rouleaux de pièces de vingt francs. On compta, il s’y trouvait dix neuf mille cinq cents francs.

La physionomie du vieux juge de paix portait en ce moment l’empreinte d’une douleur profonde.

«Hélas! pensait-il, voici pourtant le prix de la vie de mon pauvre Sauvresy.»