—Je pense, monsieur, répondit-il bien humblement, que les assassins du Valfeuillu n’ont employé ni marteau, ni ciseau, ni lime, qu’ils n’avaient pas apporté d’outils du dehors, puisqu’ils se sont servis d’une hache.
—Ils n’avaient pas de poignard non plus? demanda le juge, de plus en plus goguenard, à mesure qu’il se sentait plus sûr d’être sur la bonne voie.
—Ceci, dit l’agent de la Sûreté, c’est une autre question, je l’avoue, mais qui n’est pas difficile à résoudre.
Il commençait à perdre patience. Il se retourna vers l’agent de Corbeil et assez brusquement lui demanda:
—C’est tout ce que vous savez?
L’homme aux gros sourcils toisa d’un air dédaigneux ce petit bourgeois bénin, à tournure mesquine qui se permettait de l’interroger ainsi. Il hésitait si bien à l’honorer d’une réponse que M. Lecoq dut répéter sa question, brutalement, cette fois.
—Oui, c’est tout, dit-il enfin, et je trouve que c’est suffisant puisque c’est l’avis de monsieur le juge d’instruction, le seul qui ait des ordres à me donner et à l’approbation de qui je tienne.
M. Lecoq haussait tant qu’il pouvait les épaules en examinant le messager de M. Domini.
—Voyons, fit-il, avez-vous seulement demandé quelle est exactement la forme du poignard acheté par Guespin. Est-il grand, petit, large, étroit, est-il à lame fixe?...
—Ma foi! non, à quoi bon?