«Mademoiselle,
«Hier encore j’étais trop pauvre pour faire la démarche que je fais aujourd’hui; je vous aime, voulez-vous accepter ma main?...
«Ma demande n’ayant rien que d’honorable, permettez-moi de venir demain chercher la réponse.»
Cette lettre jeta Louise dans une profonde surprise. Que faire? accepter; d’un mot, désormais, elle déjouait les tentatives de séduction de Max, si telles étaient ses intentions, et de plus sa solitude cessait, elle n’aurait plus cette crainte horrible de la vieillesse, de la maladie, de la misère...
Louise était la fille d’un entrepreneur nommé Blain.
Cet homme actif, laborieux, intelligent, avait acquis une certaine aisance, qui lui avait permis de donner quelque éducation à sa fille.
Un jour la faillite frauduleuse d’un fripon lui enleva tout.
Le chagrin le prit, il mourut, laissant à sa veuve le soin de Louise, alors âgée de quinze ans, et les débris de son aisance passée.
Sa veuve ne lui survécut que trois ans.
A dix-huit ans, Louise resta donc seule; les frais de la maladie de sa mère une fois payés, elle ne possédait plus rien qu’un petit mobilier dont elle vendit une partie... Pour vivre elle avait son travail, quarante sous par jour en prenant sur ses nuits.