—J’aurai fini en un instant, ma mère; je suis venue vous dire que j’ai enfin trouvé un mari de mon goût, et que je veux me marier.

La marquise se laissa retomber sur son oreiller en joignant les mains d’un air épouvanté.

—Mais, ma fille... essaya-t-elle.

—Oh! soyez sans crainte, ma mère, continua l’impassible Henriette, vous demeurerez avec nous, et comme je serai toujours la maîtresse, vous serez toujours chez vous. Ne croyez-vous donc pas à mon affection?

La marquise respira un peu:—J’ignorais, Henriette, qu’un nouveau parti se fût présenté; quel est ce jeune homme?

—Il ne s’est pas présenté du tout, il n’y a peut-être même jamais songé, ajouta Henriette pensive.

—Comment! mais alors, et les convenances?

—J’ai compté sur vous, ma bonne mère.

—Sur moi? et pour quoi faire?

—Mais pour aplanir les difficultés, l’homme que je veux pour mari est M. de Tressang.