—Mon père voit qu’elle est colossalement riche, qu’elle porte un des beaux noms de France, mais tout cela, Louise, tout cela peut-il donner un jour de bonheur?

—Vous êtes franc en parlant ainsi, Max, je le sais, mais demain vos idées peuvent changer.

—Moi, jamais! et dût mon père me déshériter, me maudire!...

—Ne parlez pas ainsi, je vous en conjure.

—Pourquoi? Mon père peut-il être l’arbitre de ma destinée? sa volonté doit-elle éternellement peser sur mon existence?... Que m’importent à moi les arides satisfactions des honneurs ou de la fortune! Je préfère cent fois un rayon de soleil dans mon existence, le parfum d’une fleur, le sourire de la femme que j’aime.

—Tout cela est bien, quand on est jeune, mais plus tard, plus tard...

—Plus tard, il en sera toujours de même; je suis exalté, c’est vrai, mais je ne suis plus un enfant; mes désirs ne sont pas confus, mes pensées ne sont plus indécises; je suis à un âge où l’homme doit savoir choisir sa route dans la vie... Cette route, je la choisis...

—Max, avez-vous bien réfléchi?

—Croyez-vous donc que je sois venu vous dire à l’étourdie: Louise, voulez-vous être ma femme? Non, j’avais bien réfléchi avant; lorsque je suis venu à vous, je savais bien que je rencontrerais des obstacles, mais si vous m’aimez, que m’importe!

—Je vous aime, Max, et je vous aime assez pour faire taire mon amour s’il devait faire plus tard votre malheur.