—Oh! merci, Louise, merci cent fois. Que m’importe désormais tout le reste! La volonté de mon père, qu’est-ce pour moi? Rien! D’ailleurs, pour moi, un obstacle est un attrait de plus.
—Max, on doit toujours obéir à son père.
—Je dis cela, Louise, parce que cela est. Mais enfin, qu’avez-vous? pourquoi, au lieu de m’encourager, de me soutenir...
—Je vous dois, et je dois à moi-même de vous dire la vérité; je vous la dis.
—Vous ne m’avez jamais aimé.
—Ce ne serait pas le cas de vous le dire, Max.
—Parce que?... Répondez-moi franchement.
—C’est que, Max, vous jouez en ce moment et votre existence et la mienne, parce qu’aujourd’hui vous pouvez reculer, il en est temps encore; parce que vous devez vous habituer à la lutte et que le vicomte de Tressang se prépare de cruelles déceptions, de poignants soucis, en épousant Louise Blain, la dentellière.
—Je vous aime, Louise, tout est là; qui donc oserait me braver, me railler? Je ne suis pas de ceux que fait reculer la vaine opinion du monde, quand je remplis un devoir; je vais droit mon chemin sans m’inquiéter des grenouilles qui coassent dans les fossés.—Je vous l’ai offert, Louise, vous avez accepté, vous serez ma femme.
—Réfléchissez encore, Max, l’avenir, l’avenir!...