La jeune fille fut ouvrir.

—Voici une lettre que M. le comte de Tressang envoie à mademoiselle, j’attendrai la réponse.

Louise décacheta la lettre en tremblant et lut:

«Mademoiselle,

«Vous êtes jeune, vous êtes belle, à l’âge de mon fils, moi aussi, je vous eusse adorée comme lui; mais vous êtes, m’a-t-on dit, aussi sage que belle; vous comprendrez ce que je vais vous dire. Mon fils arrive à l’âge où, avec un nom comme le sien, un mariage est nécessaire, indispensable; depuis longtemps son mariage est arrêté avec une femme qui l’aime et lui assure un heureux avenir; vos relations doivent donc cesser, pour quelque temps, au moins... Plus tard, si vous l’aimez toujours...

«En attendant, je vous prie de recevoir, comme témoignage de l’estime que je fais de votre caractère, le coupon de rente que je vous envoie, espérant que vous mettrez mon fils dans l’impossibilité de vous revoir, et de briser par là son existence.

«J’ai l’honneur d’être, etc.»

Un coupon de rente de 1,200 francs était, en effet, renfermé dans la lettre.

Louise ployait la lettre lentement, sans songer au domestique. Celui-ci lui dit:

—On m’a chargé, mademoiselle, d’attendre une réponse.