Le soir même, elle avait vendu à vil prix son petit mobilier qu’elle aimait tant, et s’installait dans un de ces infimes hôtels qui cachent leur entrée repoussante au fond des ruelles populeuses qui aboutissent à la rue Saint-Denis.
Elle songea alors à écrire à Max.
—Mais non, non! se dit-elle, que le sacrifice soit complet, qu’il ignore toujours et mon amour et mon dévouement.
Et lui! puisse-t-il être heureux! Puisse cette femme riche, noble, belle sans doute, l’entourer de tout l’amour dont j’aurais, moi, entouré sa vie.
Et Louise resta de longues heures accoudée à sa petite table, elle pleurait.
XX
Lorsque, le lendemain, Max retourna chez Louise, il fut stupéfait en apprenant qu’elle était partie; le concierge ne put donner aucun éclaircissement.
—Un valet est venu, dit-il au vicomte, un bel homme, avec une livrée superbe, il apportait une lettre, il est resté là-haut assez longtemps; quand il a été parti, mademoiselle Louise est descendue, elle a amené un marchand de meubles, a vendu toutes ses affaires, puis a mis le reste dans un fiacre et est partie sans dire où elle allait.
—Niais! cent fois niais j’étais! s’écria Max, et je croyais à son amour! quelle leçon! Un autre, je le vois, aura été moins respectueux et plus adroit que moi. N’importe, je veux la retrouver.
Et le vicomte, pendant huit jours, se livra à toutes les investigations possibles.