Et pendant qu’elle s’abandonnait à tous les rêves d’une imagination en délire, tout Saumur chantait ses louanges et célébrait ses vertus; les maris la proposaient comme modèle à leurs femmes, les hommes enviaient l’heureux notaire.
Mais le bonheur ici-bas ne saurait durer.
Un soir de mai, la belle Aurélie fut prise d’un malaise subit, et vingt-quatre heures plus tard elle était morte sans avoir eu le temps de se reconnaître.
XIII
Dubocage, fou de douleur dans les premiers jours de son veuvage, ne serait peut-être pas consolé à cette heure, si une fois, cherchant par hasard dans ce bureau qui servait à Aurélie, il n’eût trouvé ce fameux manuscrit qu’elle appelait ses «Mémoires.»
C’est en poussant de véritables cris de rage qu’il les lut.
XIV
Cependant, au cimetière, par delà Nantilly, sur la tombe de madame Dubocage, on lit: Casta vixit.
Et, dans le fait, c’est vrai.
FIN