—Il geint... On m’a recommandé de le surveiller, de peur qu’il ne se suicide, et comme de juste, je le surveille... mais c’est bien inutile... C’est encore un de ces gaillards qui tiennent plus à leur peau qu’à celle des autres...

—Allons le voir, interrompit M. Méchinet, et surtout pas de bruit...

Tous trois, aussitôt, sur la pointe des pieds, nous nous avançâmes jusqu’à une porte de chêne plein, percée à hauteur d’homme d’un guichet grillé.

Par ce guichet, on voyait tout ce qui se passait dans la cellule, éclairée par un chétif bec de gaz.

Le gardien donna d’abord un coup d’œil, M. Méchinet regarda ensuite, puis vint mon tour...

Sur une étroite couchette de fer recouverte d’une couverture de laine grise à bandes jaunes, j’aperçus un homme couché à plat ventre, la tête cachée entre ses bras à demi repliés.

Il pleurait: le bruit sourd de ses sanglots arrivait jusqu’à moi, et par instants un tressaillement convulsif le secouait de la tête aux pieds.

—Ouvrez-nous, maintenant, commanda M. Méchinet au gardien.

Il obéit et nous entrâmes.

Au grincement de la clef, le prisonnier s’était soulevé et assis sur son grabat, les jambes et les bras pendants, la tête inclinée sur la poitrine, il nous regardait d’un air hébêté.