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C’est alors, et en désespoir de cause, que furent apposées les énigmatiques affiches qui, pendant une semaine, ont tant intrigué Paris—et aussi un peu la province.
—Qui peut être, se demandait-on, ce J.-B.-Casimir Godeuil qu’on réclame ainsi?
Les uns tenaient pour un enfant prodigue enfui de la maison paternelle, d’autres pour un introuvable héritier, le plus grand nombre pour un caissier envolé...
Mais notre but était rempli.
La colle des affiches n’était pas sèche encore, que M. J.-B.-Casimir Godeuil accourait, et que le Petit Journal traitait avec lui pour la publication du drame intitulé le Petit Vieux des Batignolles qui commençait la série de ses mémoires[A].
[A] Malheureusement J.-B.-Casimir Godeuil, qui avait promis d’apporter la suite de son manuscrit, a complétement disparu, et toutes les démarches tentées pour le retrouver sont restées infructueuses. Nous nous sommes néanmoins décidé à publier son unique récit qui contient un drame des plus émouvants. (Note de l’éditeur.)
Ceci dit, nous laissons la parole à J.-B.-Casimir Godeuil. Il avait fait précéder son récit de la courte préface suivante que nous avons cru devoir conserver parce qu’elle fait connaître ce qu’il était et quel but très-louable il poursuivait en écrivant ses souvenirs.