Max s’était résigné.

Tout son patrimoine y avait à peine suffi.

Adieu prés, vignes, vallons, blanches métairies, bois verdoyants, tout, tout. Il est vrai de dire que le comte de Tressang, dont la fortune personnelle était fort considérable, avait tout racheté sans que Max s’en doutât.

Enfin la ruine était complète.

Le brillant vicomte Max, le roi du turf, le démon du tapis vert, l’idole des emprunteurs, le prince chéri des lorettes de haut parage, réduit à la portion congrue avait dû se résigner et courber sa tête altière sous les fourches caudines de la volonté paternelle.

De ce jour Max renonça à ses habitudes et parut fort résigné à sa position.

Abandonnant brusquement le tourbillon doré dont il était le parangon, il avait pris le masque trompeur de l’homme grave et désabusé; ne pouvant plus à son aise boire à la coupe, il avait déclaré sa soif assouvie; blasé maintenant, il haussait les épaules au récit des exploits de ses anciens compagnons, riant quand un infortuné néophite faisait quelque plongeon sinistre, ou qu’un nouveau venu brûlait ses ailes à la flamme de cet enfer immense qu’on appelle Paris.

Pauvre Max, il ne songeait que trop encore à ses ailes, à lui, qui sentaient si fort le roussi!

Et pourtant ce qu’il appelait sa portion congrue, c’eût été la fortune, une grande fortune pour bien d’autres.

—Mon fils, avait dit, en effet, le vieux comte de Tressang, vous voici sur la paille; cela devait être, je m’y attendais. J’eusse pu l’empêcher, je ne l’ai pas voulu; les hommes de notre maison ont l’habitude de payer leur dette à la jeunesse; n’y pensons plus. Votre mère était pauvre; ce qu’elle vous avait laissé a été fondu en moins de rien; heureusement pour vous, moi, je suis riche. Mais, comme malgré le repentir de vos erreurs passées, vous pourriez fort bien faire prendre à ma fortune le chemin qu’a pris celle de votre mère, j’y mets bon ordre; vous aurez ma maison, ma table, mes domestiques, mon écurie et, de plus, je vous compterai mille francs par mois; êtes-vous content?