—Non, je ne me trompais pas. Arrivé, non sans périls, au fond de la citerne, j'y trouvai une espèce de canal bas et étroit où croupissait un demi-pied d'une eau puante et vaseuse.
Déjà je me croyais sauvé, je me voyais libre, lorsqu'au bout d'une quinzaine de pas, je fus arrêté court par un obstacle imprévu.
Une pierre énorme obstruait le canal en cet endroit, au-dessous, une très petite ouverture laissait seulement un libre écoulement à l'eau.
Hélas! contre cette masse tous mes efforts se brisèrent, inutilement je m'y ensanglantai les mains.
Enfin, je compris que je ne pouvais rester davantage, le jour allait venir; je remis mon travail à la nuit suivante, et je regagnai mon cachot; je comptais creuser un passage au-dessous de la pierre. Malheureusement, le lendemain, j'avais un compagnon.
Sainte-Croix frissonna à ces mots, il se rappela la mort étrange de ceux qui jusqu'alors avaient partagé le cachot du terrible empoisonneur.
—Ce prisonnier, reprit Exili après un moment de silence, pouvait m'être un aide précieux.
Mais, avant de lui confier mes espérances, je voulais savoir s'il en était digne; une imprudence pouvait me coûter la liberté.
—En quoi? Son désir d'être libre ne devait-il pas être votre sûr garant?
—Enfant, dit Exili, une trahison pouvait aussi bien lui donner cette liberté! Pour l'éprouver, je lui fis une confidence insignifiante; dès le lendemain, il fit appeler le major général et lui révéla ce que je lui avais confié.