C'était une blonde et ravissante jeune fille, à la démarche légère et gracieuse; son cou, d'un dessin exquis, avait l'admirable blancheur de la nacre; d'épais cheveux faisaient à son front pur comme une divine auréole; sa bouche, petite et mignonne, était adorable d'expression, et ses lèvres roses en s'entr'ouvrant laissaient voir le plus riche chapelet de perles qu'eut jamais rêvé un empereur de l'Inde.
Ses yeux enfin, bleus et profonds, avaient des scintillements d'étoiles par une belle nuit de mai.
Ébloui de cette beauté surnaturelle, le jeune homme ferma les yeux.
Lorsqu'il les rouvrit la vision avait disparu, elle s'était évanouie comme un de ces rêves enchantés que l'on fait à vingt ans.
Ce n'était pas un songe, elle devait lui apparaître encore, cette vision céleste...
Mais c'en était fait de son bonheur si tranquille jusque-là.
A demi-caché sous les plis d'un rideau, ses journées entières se passaient à épier la venue de la jeune fille dans le jardin.
Paraissait-elle, il s'enivrait de sa vue. Pour la mieux regarder, il eût voulu pouvoir arracher tous ces arbres qui faisaient ses délices quelques jours auparavant et dont les feuilles à chaque instant la cachaient à sa vue.
Tous les matins, à la même heure à peu près, elle venait visiter une magnifique volière placée au milieu d'un massif de plantes rares! c'était pour le jeune homme le plus beau moment de la journée.
Il l'aimait?