Ce n'était pas un départ, c'était une fuite.

Tous les préparatifs terminés, le moment venu de quitter le palais, le marquis fit venir un vieux serviteur de confiance que, dès le premier jour, il avait spécialement chargé du service d'Olivier.

Il lui ordonna de fermer toutes les portes.

—Cosimo, lui dit-il, lorsqu'il fut certain de n'être entendu par aucune oreille indiscrète, Cosimo, je suis entouré de dangers et d'embûches. Madame Olympia ne peut plus rien pour moi, demain la populace viendra se ruer dans ce palais.

Je me décide à fuir devant l'orage; mais je puis être pris, tué, emprisonné, que sais-je? On a peut-être déjà armé du poignard la main qui doit me frapper...

—O mon maître! balbutia le valet ému, ne parlez pas ainsi.

—Cosimo, tu m'es dévoué, n'est-il pas vrai? Tu me l'as prouvé cent fois...

—Oh! s'il ne fallait que mon sang...

—Je le sais, continua le marquis de cette voix brève que l'imminence du danger donne aux hommes résolus. Aussi ai-je compté sur toi.

Je te confie cet enfant qui m'est plus cher mille fois que la vie; toi-même, tu l'aimes, tu me l'as dit cent fois.