—Pourvu que je ne te quitte pas, père, dit-il en l'embrassant, je ne regretterai rien.
—Pauvre enfant! reprit le marquis en le pressant sur sa poitrine, Dieu sait que tu seras le seul être que j'aurai aimé sur cette terre.
Ta douce voix et tes innocentes caresses m'attendrissent comme le bonheur et me troublent comme le remords.
Oh! que n'ai-je pu répandre plus tôt sur toi les trésors d'affection que je sens en mon cœur, de ce cœur qui n'avait jamais aimé auparavant!
Et comme Olivier, surpris et effrayé de l'exaltation de son ami et de la violence de paroles qu'il ne comprenait pas, s'attristait jusqu'aux larmes, le marquis continua d'un ton plus calme:
—Ne crains rien, enfant; à tout prix je saurai te faire une vie à l'abri des terribles vicissitudes de ma vie. Le souffle empesté du mal qui a flétri et desséché mon cœur ne t'atteindra pas. Je serai toujours là pour te protéger. De près ou de loin je serai ton égide. Ma vie entière sera pour toi. Je te dois cela et plus encore...
Alors les domestiques étaient venus.
A la hâte on avait habillé Olivier.
Pêle-mêle, dans les coffres, on avait jeté les objets les plus précieux.
Les laquais allaient et venaient effarés, sans ordre, presque sans savoir ce qu'ils faisaient.