Ce billet n'était rien moins qu'un rendez-vous.
A l'une des extrémités du jardin, dont souvent il avait fait le tour, à l'endroit le plus ombragé, Olivier avait remarqué une brèche.
On avait négligé depuis longtemps de la réparer; mais pour fermer l'accès aux maraudeurs de nuit on y avait établi une solide cloison de planches.
Ces planches étaient assez éloignées les unes des autres pour que, dans l'intervalle, on pût y passer la main. Au dedans, il n'y avait rien à craindre; au dehors, on ne risquait rien, cette partie du jardin donnant sur un désert.
C'est là qu'Olivier conjurait Henriette de se rendre, le soir même, à la tombée de la nuit. Il connaissait assez les habitudes de la maison de Hanyvel pour savoir qu'à cette heure-là la jeune fille devait être libre.
Revenu chez lui, il s'enferma dans sa chambre et attendit l'heure avec une mortelle anxiété. Ses craintes étaient telles qu'il n'avait même plus le courage de réfléchir.
Dans l'après-midi, Henriette parut dans le jardin. D'ordinaire, son premier regard était pour la mansarde, ce jour-là elle affecta de ne pas lever les yeux.
Penché imprudemment à sa petite fenêtre, au risque de se rompre le cou, Olivier la suivait à travers les méandres du jardin. Bientôt elle disparut sous les arbres.
Cet incident rendit quelque courage au pauvre amoureux; il pensa qu'elle allait visiter et reconnaître l'endroit du jardin dont il lui avait parlé dans sa lettre.
Enfin, le soir vint. Bien longtemps avant l'heure fixée, Olivier était assis sur une pierre, non loin de la barrière des planches.