Olivier voulut se faire pardonner son audace. Peu à peu, sans réticences, sans détour, Olivier raconta son histoire à Henriette.

—Hélas! mon amie, je suis indigne de vous.

—Non, répondait la jeune fille, puisque mon cœur vous a choisi.

—Votre père consentira-t-il jamais à notre union?

—Pourquoi non? Qu'était-il avant d'être riche?

—C'est vrai, ma douce Henriette; mais malgré mon peu d'expérience du monde, je sais fort bien que ceux qui sont arrivés n'aiment pas à se rappeler d'où ils sont partis.

—Mon père n'est pas ainsi.

—Dieu le veuille!

—Et, d'ailleurs, n'avez-vous plus de courage? Conquérir une position, est-ce donc si difficile, lorsque celle que l'on aime doit en être le prix? et vous m'aimez, n'est-il pas vrai, mon ami?

—Oh! mille fois plus que je ne saurais vous le dire, que vous ne sauriez l'imaginer.