—Il a pu résister à vos larmes?

—J'ai été jusqu'à lui dire que j'en aimais un autre:—«Eh! que m'importe!» m'a-t-il répondu.

—Oh! malédiction! s'écria Olivier; Henriette, le nom de cet homme que l'on vous destine? son nom! son nom!...

—Mon ami, votre colère m'épouvante; ce nom, je ne vous le dirai pas. Mais, croyez-moi, ne m'accusez pas, j'ai résisté, je résisterai encore; dût-on me traîner à l'autel, on ne m'arrachera jamais le: Oui! fatal qui doit m'enchaîner à un autre.

—Oh! merci, mille fois merci! mais que devenir, que devenir?...

—Je ne suis qu'une femme, Olivier, c'est à vous de voir, d'aviser. Quoi que vous décidiez, je vous obéirai sans hésitation, dussé-je être perdue après. Doutez-vous encore de mon amour? Mais adieu, mon absence pourrait être remarquée; adieu... et à demain....

Et elle s'éloigna, laissant Olivier foudroyé.

—Voir, aviser, se disait-il, quel parti prendre? Aviser à quoi? Que puis-je, moi, faible, isolé, sans amis?...

Dans ces perplexités, il résolut de consulter Cosimo. Après lui avoir fait jurer un secret absolu, il lui raconta l'histoire de ses amours.

Le vieux domestique sourit; depuis très longtemps il savait aussi bien que son jeune maître ce grand secret que lui arrachait la douleur.