Olivier secoua négativement la tête...

—Eh! que ne le disiez-vous tout de suite! s'écria le domestique, et il disparut en courant.

Les derniers mots que put entendre le jeune homme furent ceux-ci: «Il sera trop tard.»

Le désespoir de l'infortuné était alors à son comble, mais l'excès même de sa douleur lui rendit quelques forces et un peu de courage.

—Allons, se dit-il, mon sort est décidé maintenant, elle est morte.

Morte, et c'est mon amour qui l'aura tuée. Moi aussi, je puis dire comme ce laquais, trop tard! trop tard! mais, au moins, je veux la revoir une dernière fois.

Je veux encore coller ma lèvre contre sa main raidie par le trépas. Sans doute ses parents, en me voyant paraître, me demanderont qui je suis, de quel droit je viens troubler leur douleur, mêler mes larmes à leurs larmes, peut-être ils voudront me faire chasser...

Cette pensée le fit hésiter un instant.

—Mais non, reprit-il, après une douloureuse réflexion, il faut que je la voie encore.

—Qu'ai-je à craindre d'ailleurs? Est-ce que la vie m'est quelque chose! Oui, je veux m'agenouiller près d'elle, lui dire un dernier adieu et mourir aussi... Et malheur à qui viendrait m'arrêter!...