Mais il fallait payer de suite, et les valeurs disponibles étaient loin d'atteindre le chiffre des dettes, et les créanciers étaient pressants.
Parmi les plus pressants de tous se trouvait le sieur Penautier de Saint-Laurent, ancien ami d'Hanyvel, depuis longtemps en rapports d'affaires et d'amitié avec lui, mais qui se prétendait lui-même fort gêné dans ses affaires et qui, à titre de remboursement, comptait s'emparer de la charge de Hanyvel, qui était receveur général du clergé.
Telle était, que le lecteur nous pardonne cette longue digression financière, telle était, disons-nous, la situation de «la succession Hanyvel», pour parler comme les gens de justice et d'affaires.
Pour Olivier, rien ne sembla perdu. Il se plongea courageusement dans les comptes, compulsa les livres, les papiers, les dossiers, fit mille démarches, vit les juges, aidé dans tous ses travaux par son maître, M. de Mondeluit.
Et enfin se démena tant et si bien qu'au bout de moins de quinze jours, il put annoncer à madame Hanyvel qu'il sauverait au moins un quart de l'immense fortune. Ce devait être encore une grande opulence.
Tout entier à son amour, et aux affaires qui étaient encore une part de son amour, Olivier vivait à mille lieues des choses de ce monde; l'univers, pour lui, c'était cet hôtel qu'habitait encore Henriette et qu'il espérait bien lui faire restituer.
Aucun orage ne troublait donc son horizon, lorsque un soir, comme il était en conférence avec des hommes d'affaires à l'hôtel Hanyvel, Cosimo vint le prévenir qu'une vieille femme demandait à lui parler.
—Je ne puis m'éloigner d'ici, répondit Olivier; si elle vient pour solliciter quelque service, tâche, mon bon Cosimo, de me remplacer.
—Monsieur, votre présence est indispensable.
—Je ne puis.