—Si, reprit impérieusement le jeune homme, il est temps, je ne saurais attendre davantage.
Ne comprends-tu pas que demeurer ici, renfermé dans cette chambre, m'est impossible!
Nous marcherons lentement, si tu le désires, nous prendrons des détours, nous allongerons notre chemin d'une lieue, de deux, de quatre, peu m'importe! mais nous marcherons au moins!
Nous dépenserons un peu de cette activité qui me tue, nous ne serons plus immobiles et passifs. Nous cesserons de nous démener dans les incertitudes de l'espérance et de la crainte, de nous agiter dans le vide. Partons, je le veux.
Cosimo ne résista plus.
Ensemble, à la hâte, ils terminèrent leurs préparatifs; ils cachèrent sous leurs habits leurs armes et leurs outils, et enfin ils sortirent comme l'horloge venait de frapper le quart.
En arrivant dans la rue:
—Monsieur, dit Cosimo, nous n'avons point songé à nous assurer d'une voiture; il est bien possible que M. le marquis ne puisse marcher; d'ailleurs, il voudra peut-être quitter Paris immédiatement; d'une fuite rapide son salut peut dépendre.
Depuis le matin le vieux domestique pensait à prendre cette précaution si nécessaire; s'il n'en avait pas parlé plus tôt, c'est qu'il la gardait comme une ressource dernière contre l'impatience d'Olivier.
—Nous allions pourtant oublier cela, le plus utile peut-être. Où donc avions-nous la tête?