—Comment faire, se disait-il, pour distraire un instant sa pensée? Si cela dure, il sera fou avant la fin du jour. Ah! cette lettre, j'aurais dû l'ouvrir moi-même et ne la communiquer qu'au dernier moment. Tu as manqué de prudence, vieux Cosimo, et tu en es cruellement puni.
Alors, pour ramener l'attention d'Olivier vers des faits plus réels, il recommençait avec lui le plan par eux discuté cent fois pour sauver le marquis.
Ils calculaient toutes les chances, rejetant toutes les bonnes, n'acceptant que les pires; et, tous les événements les plus malheureux admis, ils cherchaient des expédients, des ressources.
Puis, une fois encore, ils s'assuraient que toutes leurs précautions matérielles étaient bien prises; il ne fallait pas échouer au moment de toucher le but faute d'une précaution.
Ils avaient bien tous les objets qui pouvaient leur être nécessaires ou utiles: une pelle avec un manche fort court, pour creuser la terre, une petite pioche, un ciseau pour faire sauter les clous de la bière, un marteau.
Et encore mille réconfortants pour celui qu'ils allaient essayer d'arracher au trépas, des habits, un manteau.
Pour eux, des armes, car ils étaient déterminés à attaquer ou à se défendre jusqu'à la mort.
Pendant toutes ces occupations, toutes ces discussions perdues, le temps marchait. Quatre heures sonnèrent à l'église voisine.
—Enfin! s'écria Olivier en sautant sur son épée, l'heure est venue, partons.
—De grâce, monsieur, pas encore!...